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1/4 - Dans la ligne d'un expressionnisme flamand issu des lourdes terres fertiles du Pays-Bas, Wides apporte une vision caractéristique. Parfois comparé à Permeke (beaucoup de gens ne peuvent dormir sans avoir
des références), sa peinture apporte un souffle autre et une chose devrait à
tout jamais le différencier du maître de Jabbeke: l'interprétation des
mains. Les fameux "battoirs ", inertes au bout des bras
chez Permeke, ont une fonction nettement plus active ici, que ce soit pour
caresser ou enserrer. Autodidacte en peinture, l'artiste est arrivé voici deux ans avec un éventail de "têtes" et de corps. On pense un peu à Decaux parfois, surtout dans le jeu des courbes. Mais, contrairement au maître français qui utilise beaucoup les papiers, Wides s'exprime selon la tendance générale du tempérament flamand qui veut de l'huile sur la toile, en vertu de ce dualisme si souvent souligné: mystique et sensuel. Véritable bourreau de travail, Wides
peint dans une sorte d'extase, éliminant par la suite les oeuvres qui ont perdu
la parole. Ce détail mérite d'être souligné, trop de créateurs gardent les
choses muettes, les toiles fatiguées et les bouts d'essai. Les couples ou les groupes que nous présente l'artiste évoquent toutes les formes de communication possible, de la naissance du désir au grand coup de gueule, en passant par l'attente résignée. Aucune allusion de lieu ne vient troubler leur message, les fonds unis sont absolument intemporels. Jamais le spectateur ne peut distraire son regard du sujet proprement dit. Visages non précisés, attitudes qui parlent à la mémoire du visiteur, chacun situe l'image selon ses propres critères. Ce n'est pas là le moindre atout de ce nouveau venu qui promet beaucoup. Anita NARDON
C'est un autodidacte qui ne s'effraie pas de faire grand et qui trouve tout naturel de procéder à larges touches truellées. S'il ne se dégageait des ses oeuvres une bonne grosse douceur, bourrue, un peu animale, on pourrait dire que Wides pratique une peinture de forcené, qui fonce les outils à la main et qui plaque sur la toile des femmes aux nudités de vieil ivoire ou des personnages brun sombre ou gris verdâtres attablés, blottis les uns contre les autres et ne sachant vraiment quoi se dire. Ce sont des "enceintes" ou des "rendez-vous galants", ou des familles aux visages tannés éclairés durement, unies par un attachement primitif. Parfois, un homme seul tend l'oreille, l'émotion empourpre son visage. Il rêve en écoutant de la musique et il ouvre de grands yeux comme pour mieux entendre. Généralement, les personnages de Wides sont fortement modelés, si l'on peut dire ainsi de leur construction abrupte, où l'ossature et les visages se trouvent brutalement révélés. On pourrait dire qu'il s'agit là d'un art encore non totalement abouti, qui contient une puissance qui mériterait d'être mieux domestiquée. Voila bien des promesses encourageantes; mais on est en droit d'exiger de ce créateur pu banal qu'il veuille bien prendre a vraie mesure et qu'il accepte de ne pas être célébré dès à présent comme une force de la nature et comme un rénovateur de l'expressionnisme. Cela dit, on pourra pointer dans l'ensemble présenté un nombre suffisant de tableaux qui contiennent plus que des espoirs d'authenticité. Stéphane Rey
Si l'on songe à l'œuvre peinte de Wides, à ses personnages naguère encore fortement modelés, à leur construction abrupte, à leur ossature brutalement révélée, on constate que l'artiste a pris conscience de 'importance d'une certaine méditation, d'une réflexion sur le mystère de la matière, et qu'une spiritualité, à la fois grave et paisible, a envahi sa pensée. Le petit monogramme d'inspiration asiatique, qui ponctue ses gravures comme un cachet d'authenticité, est révélateur d'un état d'esprit qui séduira les amateurs exigeants. L'Écho de la Bourse ( 22 au 24 mai 1993)
Wides
organise ses toiles en grandes plages nerveuses, fouillées par un pinceau
incisif. Il se refuse souvent aux séductions de la couleur rutilante et
réserve son univers à des teintes sobres mais vigoureuses , soutenues par un
fond sombre. L'œuvre de Wides vit avec ses cris, ses angoisses, ses désirs. Et aussi avec le besoin d'être une vie partagée. Désiré Roegiers |